On vous avait prévenu… Babel Med Music 2017 c’était génial !!! 
Des étoiles plein les yeux et les oreilles qui sifflent encore.

Au Dock des Suds s’étaient donné rendez-vous des familles, des communautés, des marginaux, des jeunes, de vieux rockeurs… « dans un monde aux crispations identitaires inexplicables » comme l’ont dit les Corses de A FILLETA, dans une émouvante intervention entre deux chants polyphoniques, ça faisait du bien d’être ensemble.

On essaye de réunir tous nos souvenir, et de ne pas partir dans tous les sens… Le Dock des Suds est devenu un village pendant trois nuits, avec de nombreux food-trucks, des stands, une exposition, un DJ en extérieur devant la salle Mirabeau et un important public, dans les salles, attablé en écoutant les émissions enregistrées sur place par Radio Grenouille ou déambulant entre deux concerts.

 

On a vu Alsarah & The Nubatonehttp://extendedplayer.com/wp-content/uploads/2017/03/Alsarah&thenubatones.jpg s, les américano-soudanais. Avec leurs rythmes africains et leurs sons orientaux, on est partis dans un carrefour musical et culturel africain amené par un show très propre et plein d’énergie. Une vraie expérience musicale et scénique, l’un de nos coups de cœur de Babel Med Music ! Pas le temps de finir le concert, Paul Wamo va commencé. Je croise une bande de kanakes arborant des tee-shirt aux couleurs de la Nouvelle-Calédonie qui cherchent désespérément le cabaret. Nous faisons route ensemble : ça commence à peine.

 

http://extendedplayer.com/wp-content/uploads/2017/03/PaulWamo.jpg Paul Wamo c’est avant tout un parleur, un écrivain, il chante aussi, ce n’est ni du slam ni du rap ni du kanéka. Le lendemain en interview, essayant de définir son style, il a fini par conclure : « L’un de ceux qui m’a donné envie de faire ce que je fais, c’est Jacques Brel ». Et c’est vrai qu’il y a aussi de ça. Engagé, possédé, délirant, les textes sont portés par une instru étrange faite de rythmes surprenants, d’instruments traditionnels… Globalement l’univers musical de Paul Wamo s’est affirmé et perfectionné ces dernières années. Il nous a emmené sur son cailloux, son île pour nous parler de souffrances, d’espoirs, d’humanité et d’une perception subtile du monde.

A Babel Med, il y a des artistes comme ça, qui portent avec eux une réalité particulière qui nous dit que la frontière entre le réel et le spirituel est elle aussi plus fine qu’il n’y parait. Avec des textes toujours forts, surréalistes et engagés, Paul Wamo nous a régalé.

Après il y a eu Chassol… derrière ses claviers en face de son batteur de génie. La nuit se fait, des oiseaux apparaissent sur un cran écran tendu au fond de la scène. Leurs chants commencent à naître, la bande boucle, saute, parfois sur de longs passages, parfois plus courts… Chassol commence à harmoniser la nature. Puis c’est la rue, le carnaval, un homme qui siffle dans un bar, des jeunes rappeurs… Des instants saisis, filmés en Martinique, avec leurs sons, leurs atmosphères et Chassol joue, parfois face à l’écran, crée des sons, joue du piano, surfe sur le réel, soutenu par une batterie qui claque, qui sonne clair : le batteur nous a époustouflé. Les deux musiciens échangent des regards complices, l’ambiance est bonne, Chassol nous avait prévenu lors d’une interview en début d’après-midi : « Ce soir j’ai envie de jouer ». Ca s’est vu.

Une fender qui pique des notes grèces graves et poignants de A Filleta, le déhanché qui fait rêvé des cubains de Vocal Sampling, les boucliers sonorisés des occitans de Uéi, c’était à Babel Med Music. 
On a pu entendre Lura, la diva Cap Verdienne, avec son accent créole et sa bonne humeur tellement communicative, on a dansé avec le public de Pachibaba sur la transe créole des réunionnais déjantés et One Foot nous a mis une claque, ou un kick, au choix. Un groupe prometteur qui gagne à être découvert sur scène, avec son leader timide, intello et possédé à la fois qui joue aussi bien du piano que de la flûte sur des rythmes electros, le tout accompagné d’une grosse basse qui a fait trembler le cabaret.

Et il reste malgré tous ces concerts des regrets, parce qu’on ne peut pas vous raconter l’électro minimaliste de la palestinienne Skywalker qui sonde le côté obscur du son avec son beat surprenant. On a loupé Rachid Taha qui était venu avec un set dont on avait pu entendre une musique vraiment alléchante, il va falloir regarder quand est ce que Hawa Boussim ou les K’Koustik rejouent dans la région… 
Une édition vraiment réussi, avec quelques cafouillages le premier jour qui n’ont finalement pas entamés la bonne ambiance et le déroulé du festival.

 

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Vincent Carlier
Vincent est chroniqueur depuis 2015 pour Extended Player. Longtemps impliqué dans le milieu associatif marseillais en tant que président de PARNAS', Vincent a récemment créé son entreprise d'évènementiel, production audio-visuelle et assistance administrative : NATCHEZ MUSIC.

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