Est-ce que l’on dit électro-pop au sujet d’une musique principalement construite sur des lignes synthétiques ? Peu importe le tiroir au sujet de Septembre. Une première impression qui donne envie de positionner cette musique dans un rayon où l’on rangerait la variété aux limites du mauvais goût. En fait, à l’écoute de cet album, il se passe quelque chose d’étrange. Plus on avance, plus disparaît l’envie de passer à autre chose. La musique est entraînante, équilibrant malignement ses petites accroches sonores, en même temps que les mots de Sylvain Seguin démontrent qu’il y a tout un travail et une réflexion d’importance dans ce projet (« Quatre Points De Suspension »). Si les thématiques des chansons portent le plus souvent sur la relation amoureuse, celle-ci se décrit avec une forme de poésie très aboutie. On entend bien des guitares, rythmiques, acoustiques, arpèges, mais ce sont les synthétiseurs et les machines qui ont le dessus, comme un habit de lumière (« Je Suis La Forêt »), spatialisant des titres qui s’enchaînent comme un chapelet de tubes, avec des refrains accrocheurs (« Eldorado » et son recto-verso, les hauteurs de « Rodéo Machine » et le mystère de son ambiance, ou encore le  J’inverse les plans du ciel dans « Reykjavik »). Si l’on veut jouer le jeu des comparaisons, on évoquera Julien Doré, mais juste un tout petit peu, juste pour le souffle de la voix. On pourra aussi penser à Cali, pour une intonation spécifique. Mais en fait, non, cela permet simplement de donner une idée du registre, avec l’envie effectivement de placer ce répertoire plus près de celui d’Etienne Daho que de celui de Shakaponk. Une apparence où gentillesse rimera volontiers avec franchise (« Des Comme Toi » et son regard lucide sur le couple, « Amy Jade » et ses désillusions). Puis, alors que débute « Alice City », sur un fond d’orgue grave et profond, le groupe impose trois derniers titres qui semblent formaliser l’étape d’une maturité intensifiée, porte ouverte vers l’évolution d’une musique très prometteuse. « Du Flou, De La Violence », et enfin « Septembre ». Trois chansons émotionnellement soutenues, guitares tendues prenant le dessus, nappes synthétiques ambiantes, textes consistants. Excellent travail. Et heureux d’avoir passé le cap de la première impression.  On appuiera volontiers sur la touche repeat à la fin de l’écoute. Oui, c’est à refaire.

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Marc Sapolin
De l’organisation de concerts aux interviews d’artistes il n’y avait qu’un pas. Plus de vingt-cinq ans de rencontres avec les artistes et toujours la passion de la découverte.

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