Qu’ont-ils donc avec ce chip chip ? Bon Arno lui c’est tjip tjip, dont on a compris le sens, David Lafore est dans une autre ambition sonore. Un disque ici de liberté inventive. Si les raisons autoproductives peuvent être dues à différents vecteurs, pas forcément économiques, au moins David Lafore aura assumé cette expérience sous les augures d’une inspiration débridée. Son répertoire revendique toujours un registre chanson. Nous en parlions déjà à l’époque où Extended Player existait encore en formule papier sous le nom de StandardS magazine, il y a bien longtemps déjà. C’est dire que l’artiste a parcouru depuis un sacré chemin. Cet album est un travail fait soi-même (Dit aille ouaille comme on dit), ce qui lui vaut d’avoir été réalisé dans la plus grande liberté. Et la liberté, c’est ce qu’il y a de mieux pour l’inspiration Lafordienne. « Caché dans la foule, je ne sais plus mon nom », affirme-t-il dans ce très beau « Caché ». La réalisation est toutefois co-signée avec Christophe Van Huffel, dont les références telles Christophe ou Tanger placent l’homme au top des qualités professionnelles. Et cela s’entend. Les arrangements de chacun des titres brillent par une aération à la dynamique tellement bien sentie que les accroches sont immédiates (« Incompréhensible », « Le Ciel » et ses claps en immersion farfelue, jonglant entre lourdeur d’accords graves de claviers sur une rythmique sautillante). On pourrait détailler toutes les chansons qui peuvent s’enorgueillir d’enluminures instrumentales insolites ou tout simplement hyper adéquates pour donner ces caractéristiques immédiatement sympathiques. Ainsi on va pouvoir prendre un peu plus de plaisir à chaque écoute, parce que ces quatorze titres sont à découvrir en mode dégustation. Prendre le temps de mâcher, d’en apprécier les saveurs. Au casque c’est encore mieux. Passer par son « Petit Village » et dériver sereinement dans les recoins de la folie douce de l’artiste, genre passer « La Nuit Dehors », près d’une « Déchetterie », sans plus savoir « Qui Es-Tu ? » alors que « J’Arrive Pas A M’Arrêter » de courir, avant de brailler « Rémi Duquenne ». Bref, quelque chose de Philippe Katerine, en  dévergonde minime, mais quand même, il y en a une très jolie dose. Trop fort David Lafore !

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Marc Sapolin
De l’organisation de concerts aux interviews d’artistes il n’y avait qu’un pas. Plus de vingt-cinq ans de rencontres avec les artistes et toujours la passion de la découverte.

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