Même pas chroniqué le disque précédent avec lequel nous découvrions ce fameux Mathias Duplessy, l’homme au chapeau et à la guitare à cordes nylon en extension naturelle des mains (Pour le plaisir vous pourrez toujours regarder le clip de « Crazy Horses » à la fin de cette chronique). Déjà séduit, que disons-nous, emballé plutôt, par ce fabuleux projets de rapprochement amical international de cordes. Violon chinois (Erhu), vielle à roue scandinave d’origine suédoise (Nyckelharpa), vielle à tête de cheval mongole (Morin khuur) et guitare (guitare). Quatre héros souriants pour embellir la vie, démontrer qu’ensemble, de nos différences, peuvent naître d’inestimables belles choses. Un « produit » de nos richesses culturelles. Et le tout, présenté bien souvent en plein galop, comme sur le « Crazy Horses ». Ici c’est l’étonnante reprise d’Ennio Morricone, « The Good The Bad The Ugly », qui s’élance au rythme des sabots. On en connaissait une amusante version par The Ukulele Orchestra Of Great Britain. Dans les deux cas, ce sont les jeux des cordes qui mènent la danse avec leurs sonorités si particulières. Côté créations, Mathias Duplessy signe une grande partie des thèmes (« Texas Bolero », « Good Morning Gouangzhou », « Japanese In Paris », « Chicken Del »), mais les amis Guo Gan (« Chinese Dumpling », « Oriental Little Paris »), Enkhjargal Dandarvaanchig (« Gurvan Much »), et Aliocha Regnard (« Gibraltar »), sont de la partie. Ce qui frappe, c’est cette aptitude à croiser, dans le plus grand naturel, des genres dont on imagine guère les affinités. Ce projet donne vie à toutes les improbabilités : guitare Django sur « Chinese Dumpling », et tellement d’autres rencontres-dialogues, car c’est bien de cela qu’il s’agit. Les instruments se serrent la main, sourient et partagent le repas. Symboliquement, les effluves du calumet de la paix aiguisent de leur parfum nos narines. Alors une sublime reprise de Dire Straits avec « Brothers In Arm » vient sceller le pacte de nos trois mousquetaires qui, comme le veut la tradition, sont quatre. Admirable et enchanteur voyage acoustique.

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Marc Sapolin
De l’organisation de concerts aux interviews d’artistes il n’y avait qu’un pas. Plus de vingt-cinq ans de rencontres avec les artistes et toujours la passion de la découverte.

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