De l’organisation de concerts aux interviews d’artistes il n’y avait qu’un pas. Plus de vingt-cinq ans de rencontres avec les artistes et toujours la passion de la découverte.

C’est avec un grand enthousiasme qu’Extended Player a chroniqué les deux EP qui ont précédé la sortie de cet album. On retrouve donc avec autant de plaisir ces titres déjà connus, placés en tête du track-listing, à commencer par « Le Moment Venu » qui se présente en judicieux préambule, suivi par « A Notre Gloire » introduisant avec grâce le versant électrique et intense du son Louis Arlette. Si l’artiste revendique des influences type Nine Inch Nails, c’est juste pour concentrer des objectifs sonores qu’il cherchera à atteindre uniquement à sa façon, c’est-à-dire gonflés « d’effets personnels ». A commencer par le travail de la voix, qui s’intègre si bien à la musique – attestation avec un sublime « Le Naufrage ». Heureux aussi de découvrir une version augmentée de guitares de « L’Avalanche », celle qui ne laisse « qu’une étendue blanche, brillant sous le soleil, attendant que je m’éveille ». La chanson dit aussi « Je veux ma revanche, je la veux belle », et le piano Fender Rhodes s’éclate de notes aussi crunchy que celles d’une guitare. Louis Arlette sonne comme du Louis Arlette. Il a posé ses marques, trouvé ses repères, reste identifiable dès les premières notes de chaque titre. Les morceaux suivants que l’on découvre enfin le confirment. Même lorsque la voix d’Alma Forrer l’accompagne sur un très beau « Jeux D’Or », comme un « je dors » : « Je suis à mon aise, les tourbillons m’apaisent ». C’est que les mots ont aussi une même importance que la musique, ils sont liés aux sons, y appartiennent. La musique proposée est un tout incompressible, avec un travail d’ambiances très précis, soit par un jeu percussif de batterie ou d’effets liés (« A Cœur Ouvert »), avec souvent des notes infra-basses bien craquantes en soutien (« Providence »). Soit c’est une guitare fluide (« La Frénésie »), une ligne de basse motorisée (« Tristesse Limpide »), qui entérinent la lumière et l’angle du paysage musical exposé. Mais toujours éclate un refrain dont l’emportement convoque l’ensemble de la machinerie, comme un grand orchestre en osmose. « Sourire Carnivore », en guise de coda, synthétise : « Je ne suis qu’un détail d’un système sans faille, sans doute ni remords, au sourire carnivore… » On ne pourra plus guère se passer d’écouter ces chansons, une fois adoptées. Permanence enthousiaste !

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