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Étrange album que ce « Final Horror ». Déjà une pochette pas très ragoutante, comme beaucoup parmi celles reçues ces derniers temps. A croire que les artistes s’évertuent à rechercher une provocation visuelle, mais avec quel réel intérêt ? Quelle réelle profondeur surtout ? Heureusement, on évitera de s’arrêter à cela avant de mettre l’album de côté avec toutes les autres productions dispensables. Alors surprise de découvrir une forme de créativité hybride et foutraque, très carrée à la fois, au son hyper travaillé, pertinemment rentre-dedans la plupart du temps, mais aussi empreint de petites transitions déroutantes, arrivant comme de nouveaux titres, shuntés rapidement pour laisser place à un autre univers (exemple avec « Last Dance » devant « Two Devils »). « Old Caltone Presents », avec son orgue d’église, semble annoncer aussi bien un mariage qu’un enterrement. Ce doit être le sens de ces vingt-six secondes introductives, suivie aussitôt par un dynamique « Mr D », porté par un séquenceur au BPM excédant les quatre-vingt kilomètre-heure autorisés, sur lequel se fourvoient toutes sortes de trafics instrumentaux, synthétiques et guitaristiques. Ceci dit, une très bonne chanson. Le mini texte de présentation de l’album  présente Jérôme Amandi comme un être hyperactif. Pas étonnant à l’écoute. Mais plus étonnant d’apprendre qu’il est aussi, à lui seul, Talisco. Donc finalement, un hyperactif hypercréatif qui ne laisse absolument rien au hasard en matière de son. Même travail d’orfèvre que pour Talisco (chroniqué sur nos pages). A placer aux côté d’artistes aussi ouverts que Pigeon John, Superorganism, Ezra Furman ou Rainbow Kitten Surprise. Plutôt pas mal pour ce musicien dont Wikipedia mentionne les origines bordelaises et espagnoles en précisant qu’il ne s’est mis au chant que très récemment. Et, conservatoire aidant, force est de constater une sacré maîtrise musicale. Ceci expliquant cela, mettons en avant le paradoxe d’un travail élaboré dans un esprit punk, certes, mais tellement peaufiné et détaillé que l’offrande est riche de contrastes. N’est-ce pas justement ce qui attire Extended Player ? « In The Beginning » étonne par ce chant profond et habité. Une ballade forte, authentique, magnifiquement orchestrée. Un titre avec des tripes ! Idem avec les vocaux de « Nuland », oscillant entre écorchures et chœurs dynamite. « The Beast » en impose aussi, encore avec ce chant si singulier, empreint d’une soul sépulcrale soutenue par des accords organiques et de lourdes basses de piano aux espacements calculés. Un titre idéalement placé avant « Final Horror (From Mr Shadow) ». Plus de sept minutes qui débutent en titre chanté pour évoluer vers un instrumental digne d’une bande originale de film d’épouvante. Un final qui progresse en intensité et en puissance. Imparable. D’une impression de déroute, on termine accro. Ces onze titres tiennent de la perfection, sous tous ses aspects techniques. Ils tiennent aussi d’une sacré inspiration, tellement bien traduite, que le disque va rester dans la platine et tourner en boucle.

 

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