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A deux reprises, la seconde croyant que c’était une première écoute, pris sous le charme de « Cancer ». Drôle d’idée de se laisser séduire par un titre pareil. Pourtant tout de suite, il y quelque chose. Bien qu’il n’y ait d’abord qu’un lent tempo de batterie, puis quelques accords plaqués dont la suite est tout à fait banale, une ambiance distinctive s’installe. C’est le chant qui, sans tarder, donne une couleur, vite embellie par des sons inaccoutumés d’une guitare qui, couplée au clavier, se comporte comme un synthé. Maxime Dobosz est aérien, sa voix comme en suspension dans un espace sans gravité. Si elle peut faire penser parfois par son grain à celle de Palatine, San Carol se détermine avec une élégance qui lui est propre. Alors quand arrive l’album, on se précipite. « Meaning Of Life » est une ouverture symbolique, un concentré de puissance contenue quelque peu oppressive, dont la gravité positionne d’emblée San Carol dans une cour supérieure. Ce « sens de la vie » est poursuivi par « Where My Parents Live » dont le beat affolant et ininterrompu crée une atmosphère de tension sentencieuse. Seule la batterie semble s’exciter alors que tout ce qui s’y colle respire le calme, le chant, les claviers, la guitare. Plus qu’un paradoxe, lorsqu’on se laisse prendre, la tournerie devient entêtante, sorte de mantra propice à entrer dans une transe plutôt qu’à échapper à l’agitation. « Marvelous Engine », le titre suivant, respire sur un rythme du même type, mais là, les voix s’emportent et prennent le dessus, une véritable mêlée pour rugbymen aguerris. Besoin alors d’un retour au calme, digne cette fois de ce nom, avec « Society », qui s’impose par les mélodies croisées du chant et du piano. Et toujours ces effets sonores qui dopent aussi bien les synthés que la guitare et qui donnent ces coloris particuliers au groupe. Couplé à « Turn To Dust » et ses frottements de balais sur caisse claire introductif, on peut partir courir hors du temps. C’est là que le groupe a décidé de placer le fameux et sublime « Cancer ». Les deux plages suivantes vont reprendre l’effréné battement de caisse claire, d’abord pour « Parachutes », un titre qui reprend l’ambiance vocale grave et relevée du début d’album, la réverbération abbatiale produisant un effet proche du chant grégorien en mode électro. La fin du morceau se dilate en nappes amples et volumineuses avant de laisser la place au piano solitaire pour une coda qui va vite laisser place aux accords de guitare plaqués de « Lone Star », batterie toujours up-tempo alors que l’on est en pleine ballade tranquille quand, un peu avant la cinquième minute, le harcèlement disparaît pour laisser monter une boucle rythmique qui va imposer sa tournerie obsédante et magique, simplicité prenant aux tripes avec ses vibrations synthétiques jusqu’à atteindre une neuvième minute de pur bonheur. Sur ce titre, on ne pourra s’empêcher de faire un rapprochement avec l’inspiration des américains de Snapped Ankle, spécialisés dans ce genre de mantras musicaux. Et, pour finir, « Doesn’t matter » va trouver sa force grâce à ces notes plombées de guitare s’imposant entre  les parties chantées, qui iront crescendo en finale, le chant se lâchant dans les hauteurs digne de ce génial album. Coup de cœur.

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