De cinq à sept minutes chacun pour les sept titres qui composent cet album de Wooden Shjips.  On va pouvoir justifier ce choix par l’esprit psyché qui préside tout du long. La voix à elle seule pose son empreinte dans le registre, aérienne et fluide, très réverbérée, mais sans esbroufe. Quant à la musique, elle pose ses ambiances dès les premières mesures. Soit quelques accords, soit une ligne de basse soutenue (« Eclipse »), puis développe ses chansons, couplets entrecoupées de parties de guitare solo, guitare qui s’exprimera ensuite pleinement en fin de titres. Ce sera ainsi de façon quasi systématique. Le light motif rythmique servira, tournant en boucle, à laisser le guitariste se lâcher, avec un son clair, usant lui aussi de réverbe, et souvent d’un phasing en effet complémentaire, nappes d’orgue ou de synthé en appui (« In The Fall »). Il y a une grande unité dans le son et la construction des morceaux. La musique de Wooden Shjips est faite pour se laisser transporter, se laisser aller en prenant le temps, dispensant un message qui pourrait ressembler au « rien ne sert de courir il faut partir à point » de Jean de La Fontaine. Cela n’exclut en rien tout un travail en détail sur la mise en scène sonore (« Red Line »). Arrivé à « Already Gone », titre le plus pop de l’album avec son thème entêtant de guitare surf, on va commencer à faire certains rapprochements. Ici quatre accords rappelant, par exemple, le « She’s So Cold » des Stone sur Bridges To Babylon. Mais quatre accords qui seraient comme les trois accords de Chuck Berry. Une suite appartenant à l’histoire de la musique et tellement utilisés, donc sans reproche. « Staring At The Sun » va évoquer dans son intro le fabuleux « For What It’s Worth » de Buffalo Springfield, avant de rappeler la version Rock’n Roll Animal de « Sweet Jane » de Lou Reed lorsque la guitare va passer en mode distorsion. Quant à « Ride On », le dernier titre, il y a une ressemblance étrange et complète avec un autre dernier titre, celui qui figure sur l’album Houdini de San Carol  Mais, au-delà de tout ça, ce sera toujours le son propre à Wooden Shjips qui prendra le dessus et détournera à bon escient ses influences en conservant une marque de fabrique très plaisante. Sachant que le groupe est originaire de san Francisco, pas surpris de lui reconnaître ses racines psychédéliques. Et autant dire, « qu’au jour d’aujourd’hui », comme beaucoup aiment à le dire, ça fait vraiment du bien !

Cet article a été rédigé par :

De l’organisation de concerts aux interviews d’artistes il n’y avait qu’un pas. Plus de vingt-cinq ans de rencontres avec les artistes et toujours la passion de la découverte.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *