Ça débute presque comme du Coldplay. Effet provoqué par un chant assez proche, y compris mélodiquement, avec cet excellent « Barricades ». Sauf qu’Editors présente ici un projet tout à fait particulier. C’est entre les mains de Benjamin John Power (Blanck Mass) qu’Editors a décidé de remettre les enregistrements de son album « Violence » afin qu’il les déconstruise et les reprenne dans l’esprit électro-expérimental qui caractérise ses productions. Il faut donc connaître les versions originales pour se rendre compte du travail effectué. Le titre « Violence » voit disparaître sa guitare acoustique pour se balancer sur des ondes synthétiques très vite compressées et saturées, sans pour autant perdre son pouvoir hypnotique. Au final, si le souffle tempétueux des nouveaux arrangements prend le dessus, le chant et ses capacités mélodiques conservent tout leur charme et maintiennent les rênes de ces « chansons ». La couleur électro apporte ici un complément énergétique puissant, imparable à souhait. « Barricade », cité en ouverture de cette chronique est l’exception du disque, puisque le titre ne figurait pas sur l’album, et fait donc figure d’inédit. Cependant, il impose la couleur unitaire de ces sessions spéciales avec son lot de grandiloquence. Les percussives batteries, dès leurs entrées en scène, soulignent cette compression sonore imposant une dynamique contrainte et quasi dictatoriale aux huit titres ainsi magnifiés, les englobant dans une unité particulièrement vigoureuse, d’une résistance incontournable, très mécanique, voire robotique (« Cold », « Darkness At The Door »). Et souvent, ce sont les chœurs qui vont porter la touche émotionnelle de ces compositions là où elles n’ont aucune raison de disparaître (« Halleluja (So Low) »). Ce qui fait de ce disque un inconditionnel à conserver en bonne place dans sa discothèque (ou dans sa playlist favorite). « Magazine » comporte à lui seul tous les atouts de cette réalisation, de la ballade au machinal, à l’accalmie et à la mélodie. A « Counting Spooks » de conclure en beauté électro sans rien lâcher de l’attractivité de l’entreprise.

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De l’organisation de concerts aux interviews d’artistes il n’y avait qu’un pas. Plus de vingt-cinq ans de rencontres avec les artistes et toujours la passion de la découverte.

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