couv L'Homme perdu D. Vietti-LetoilleDormir dehors, dans un vieux sac de couchage, avec son petit chien tout au fond, et n’avoir guère envie de suivre les patrouilles de nuit proposant un endroit au chaud. Ainsi débute ce roman. Pourtant cet homme n’a rien d’une cloche. Son histoire, c’est lui qui la raconte. Elle a débuté là où Fati, son dernier amour, s’est éteinte, suite à un accident de voiture. Sans être dans le besoin, la solution rue s’est avérée être la meilleure fuite possible pour supporter cette perte. Le double titre est à la fois parlant tout en conservant une part de mystère. On ne peut pas vraiment évoquer le suspense, d’autant que les quelques lignes indicatives inscrites au dos de la couverture parlent de la vengeance de Raïssa, la vieille dame, que l’on appellera Dada tout au long du roman. Ce sont les raisons de cette haine qu’il sera plus difficile de percevoir. Alors que l’on découvre comment la relation entre Fati, la petite fille de la vieille dame, et le personnage principal, dentiste, qui ont fait connaissance dans le cabinet de ce dernier, ont naturellement évolué sans heurt, jusqu’au mariage. Hormis la différence « culturelle », assez peu prononcée finalement dans les pratiques, c’est ailleurs que cela se passe. C’est à cet autre endroit, mystérieux, que l’auteur instille une forme d’anxiété. Et la victime, égarée et incrédule, vidée de tout enthousiasme, se jettera volontairement dans la gueule du loup, ne comprenant pas vraiment les raisons de ce mépris et se trouvant en présence du seul lien existant entre lui et son amour disparu. Il va se laisser porter jusqu’au bout de ce plan. Bien que se doutant des possibilités machiavéliques sous-tendues, il ne flanchera jamais dans cette forme de soumission au destin qui semble être sa dernière échappatoire. Alors oui, ce roman est étrange, inattendu, original. Dominique Vietti-Letoille parvient à donner corps à des faits et actes non ordinaires. Elle laisse toutefois, par le style de son écriture, planer un doute sur  le genre romanesque que l’on aurait bien du mal à définir. Mais peut-être est-ce tout à fait délibéré.Dominiqueviettiletoille

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Marc Sapolin
De l’organisation de concerts aux interviews d’artistes il n’y avait qu’un pas. Plus de vingt-cinq ans de rencontres avec les artistes et toujours la passion de la découverte.

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