Malmenée par le mistral dès son ouverture, la 35e édition de la Fiesta des Suds a finalement retrouvé son public les 9 et 10 octobre sur l’esplanade du J4. De Stephan Eicher à Deluxe, en passant par Luiza, Selah Sue, Danitsa ou encore Bold, retour sur deux soirées riches en émotions, en énergie et en découvertes musicales.

Une première soirée emportée par le mistral

Jeudi 8 octobre. La Fiesta des Suds devait ouvrir sa 35e édition avec Véronique Sanson, Imany, Habibisly, Āo, Sharouh et Kena Womo. Mais le mistral en a décidé autrement. Pour la première fois de son histoire, le festival est contraint d’annuler sa soirée d’ouverture, les violentes rafales rendant impossible l’accueil du public sur l’esplanade Gisèle Halimi.

Ciao Véronique Sanson, ciao Imany, ciao les découvertes musicales. Ciao aussi ces petits plaisirs nocturnes qui viennent mettre du soleil dans nos oreilles lorsque les journées commencent à raccourcir.

Une belle déception, d’autant que la programmation promettait de jolies rencontres musicales.

Mais vendredi, le vent s’est calmé. Il est temps de retrouver les scènes de la Fiesta ! Les températures, elles, nous rappellent rapidement que nous sommes en octobre. On était encore en tee-shirt dans la journée, mais une fois la nuit tombée sur le J4, le froid devient presque glacial. Tant pis, on remet une couche et on file profiter des concerts.

Stephan Eicher : une parenthèse chaleureuse au milieu du froid

Nous arrivons pour Stephan Eicher. Sur scène, cinq personnes installées sur leurs chaises, bérets et casquettes vissés sur la tête. Les musiciens sont alignés, le chanteur au centre, guitare en main.

La scénographie est simple, presque dépouillée. Mais les lumières viennent habiller l’ensemble avec beaucoup de justesse. Et puis il y a cette voix. Celle de Stephan Eicher, reconnaissable entre mille, qui résonne sur l’esplanade du J4.

Quelques accords, quelques mots, et nous voilà plongés dans son univers. Le ciel bleu s’invite dans les paroles tandis que la nuit marseillaise s’installe. L’ensemble est calme, chaleureux, presque intime malgré les dimensions du festival. On a le sentiment que chaque chose est à sa place.

Puis le batteur lance les hostilités. Le rythme s’accélère, les instruments prennent davantage d’ampleur et les épaules commencent à bouger dans le public. « Pas d’ami (comme toi) » résonne. Les spectateurs, plutôt âgés, semblent connaître leur artiste sur le bout des doigts.

On ne saute pas dans tous les sens, mais on écoute. On sourit, on acquiesce aux prises de parole et on se laisse entraîner.

Stephan Eicher annonce d’ailleurs rapidement la couleur : il n’y aura pas beaucoup de chansons que le public pourra reprendre aussi facilement. Une manière de rappeler que son répertoire ne se résume pas aux quelques tubes qui l’ont rendu célèbre.

Et tant mieux.

Ce qu’on apprécie particulièrement chez Stephan Eicher, au-delà de ses chansons, c’est sa capacité à habiter les silences entre les morceaux. Ses interventions ne ressemblent pas à un discours de tournée récité mécaniquement. Il sait s’adresser à un public, à une ville, à un moment particulier. Ce qu’il raconte ici, il ne le raconterait probablement pas de la même manière ailleurs.

C’est quelque chose qui nous a toujours marqués chez lui. Même si, avouons-le, ces échanges nous ont semblé moins présents cette fois-ci que lors de ses concerts en salle.

Musicalement, en revanche, difficile de trouver à redire.

Guitares, basse, batterie, piano, harmonica… Les instruments se répondent avec une précision remarquable. Les arrangements scéniques offrent une nouvelle dimension à certains morceaux. « Déjeuner en paix », notamment, nous paraît encore plus beau dans cette version live que dans son enregistrement studio.

Et quel son ! À chaque concert de Stephan Eicher auquel nous assistons, nous faisons le même constat. Tout est parfaitement équilibré, chaque instrument trouve sa place et sa voix conserve toute sa profondeur.

Un regret tout de même : les musiciens restent presque constamment assis. Lorsque deux d’entre eux finissent par se lever quelques instants, on se prend à espérer un changement d’énergie, un mouvement collectif. Mais non. Retour aux chaises.

C’est un parti pris esthétique, certainement cohérent avec ce spectacle, mais on aurait aimé voir cette belle formation s’autoriser davantage de liberté scénique. « J’avais des hauts, j’avais des bas » nous donne justement envie de les voir tous debout !

Le concert réserve également une belle rencontre avec Bertrand Belin, invité à rejoindre Stephan Eicher sur « Jolene », une reprise de Dolly Parton. Belin se joint à lui sur le refrain, offrant un joli moment de complicité entre deux artistes aux univers pourtant bien distincts.

On repart séduits. Stephan Eicher n’a pas besoin d’artifices pour captiver son public. Son concert est élégant, généreux musicalement et d’une qualité sonore rare. Dommage simplement que cette formation soit restée aussi sage sur scène.

Shahzen : changement radical d’atmosphère

Quelques mètres plus loin, changement complet d’ambiance avec Shahzen.

On quitte la chanson pour des sonorités électroniques beaucoup plus percussives. Les basses prennent de l’ampleur, les rythmes se superposent et l’atmosphère devient progressivement hypnotique.

Entre héritages musicaux traditionnels, électro, bass music et sonorités club, Shahzen cultive un mélange aussi étonnant qu’efficace. Une proposition musicale qui invite davantage au lâcher-prise qu’à l’écoute immobile.

Sur scène, deux artistes se font face, dans un dispositif où percussions, voix et sonorités électroniques se répondent. Les jeux de lumière, ponctués d’effets stroboscopiques, accentuent cette impression de transe.

On passe de la douceur chaleureuse de Stephan Eicher à une expérience beaucoup plus physique, où les rythmes semblent dicter les mouvements.

C’est aussi ça, la Fiesta : pouvoir changer complètement d’univers musical en traversant simplement l’esplanade.

La Fiesta des Suds, bien plus que des concerts

Entre deux prestations, on prend le temps de redécouvrir les différents espaces du festival.

Cette année, on remarque une scène de moins par rapport à certaines éditions précédentes. Mais la Fiesta conserve cette volonté de multiplier les lieux de rencontre et les ambiances.

La Bodega reste l’un de nos espaces préférés. Le vendredi, on y retrouve une atmosphère joyeuse, des jeux, des rires et des festivaliers venus autant pour s’amuser que pour danser. On passe, on s’arrête, on participe ou on regarde les autres se prêter au jeu.

L’espace restauration propose de nombreux food trucks. En début de soirée, les files d’attente sont impressionnantes, avant de se résorber progressivement. Finalement, on réussit à manger sans difficulté en choisissant le bon moment.

On apprécie aussi les aménagements : stands associatifs, accueil professionnel, dispositifs pour les personnes en situation de handicap et système de consigne. Et surtout, détail qui mérite d’être souligné dans un festival : aucune attente interminable aux toilettes !

Reste ce froid mordant, qui nous accompagne toute la soirée. Il n’y a pourtant plus ces violentes rafales responsables de l’annulation de la veille, mais les températures suffisent à nous rappeler que les soirées d’octobre ne sont pas toujours tendres.

Le lendemain, l’ambiance va radicalement changer.

Samedi : Zoon Kara nous accueille, Luiza nous réveille

Samedi soir, on arrive un peu tard. Avant même d’avoir franchi les barrières du festival, une voix nous interpelle. Celle de Zoon Kara, portée par des sonorités électroniques presque envoûtantes.

On ne voit pas encore la scène, mais on sait déjà qu’on a envie de s’en approcher.

On découvre une formation originale : une chanteuse, un musicien aux commandes de ses instruments électroniques et deux danseuses qui accompagnent le spectacle. Les sons enveloppent l’espace, les voix se déploient et les mouvements prolongent la musique.

C’est beau, tout simplement. Il y a quelque chose d’hypnotique dans cette proposition, entre musique électronique, performance vocale et danse. On est immédiatement séduits.

Un morceau dédié aux enfants retient particulièrement notre attention.

On serait volontiers restés plus longtemps. Malheureusement, Luiza joue au même moment sur une autre scène. C’est l’un des inconvénients des festivals : devoir choisir entre deux artistes qu’on a envie de découvrir.

Et lorsqu’on rejoint Luiza, on comprend rapidement qu’on a bien fait de traverser l’esplanade.

Luiza : du soleil, du swing et une bonne dose de joie de vivre

Quelle énergie !

Luiza déborde de joie de vivre. Les cuivres sont de sortie, les rythmes donnent envie de danser et les sourires sont contagieux.

Elle démarre fort, notamment avec « Demain demain », ce morceau entraînant dont le refrain reste immédiatement en tête.

La chanteuse a du swing, du charisme et une joie de vivre communicative. Elle occupe la scène avec une facilité déconcertante, entraînant ses musiciens dans une succession de morceaux particulièrement vivants.

Et les surprises ne manquent pas !

Liliboy, la chanteuse de Deluxe, vient partager la scène avec elle. Les deux artistes se lancent dans un morceau rappé en anglais, avec une énergie débordante. Une collaboration qui fonctionne particulièrement bien et apporte une autre couleur à ce concert déjà très dynamique.

Autre invitée, Jaklin Baghdasaryan, la chanteuse de Ladaniva, groupe programmé le lendemain à la Fiesta. De belles rencontres musicales qui illustrent parfaitement l’esprit du festival, où les collaborations dépassent volontiers les frontières entre les scènes et les univers musicaux.

Ce qu’on aime chez Luiza, c’est cette faculté à transmettre quelque chose de positif sans jamais donner l’impression de forcer le trait. On vient pour écouter de la musique, on repart avec le sourire. Et même si on était arrivés sans enthousiasme particulier, on aurait probablement fini par danser.

Une véritable bouffée de bonne humeur.

Et comme si cela ne suffisait pas, on la croise un peu plus tard au milieu des festivaliers. Accessible, souriante, simplement présente. On apprécie d’autant plus cette proximité qu’elle semble parfaitement naturelle.

Selah Sue and The Gallands : une voix impressionnante au service du groove

Changement d’univers avec Selah Sue.

La chanteuse belge se présente avec The Gallands, une formation construite autour du batteur Stéphane Galland et de son fils Elvin, aux claviers. Une collaboration qui explore les frontières de la soul, du jazz et de la pop.

Sur scène, la complicité musicale est évidente. Les instruments dialoguent, les rythmiques se construisent et Selah Sue pose sa voix avec cette aisance qui la caractérise.

Et quelle voix !

Puissante, chaleureuse, capable de passer d’une interprétation presque murmurée à des envolées beaucoup plus impressionnantes. Elle conserve ce grain si particulier qui rend ses morceaux immédiatement reconnaissables.

Le concert est pourtant relativement calme, surtout en comparaison de l’énergie débordante qui règne sur d’autres scènes du festival. Mais ici, l’intérêt est ailleurs. Dans la précision musicale, la qualité des arrangements et l’attention portée aux nuances.

Selah Sue évoque également son précédent passage à Marseille, lorsqu’elle était venue sans cette formation. Cette fois, c’est un projet collectif qu’elle présente, et cela s’entend.

Le batteur et son fils apportent une véritable identité musicale à l’ensemble. On apprécie particulièrement cette démarche, qui permet à une artiste déjà bien installée de proposer autre chose qu’une simple succession de ses titres les plus connus.

Le public écoute, observe, se laisse porter. Une belle parenthèse musicale au milieu d’une soirée nettement plus agitée que la veille.

Danitsa : du hip-hop, de la soul et une sacrée présence scénique

Avec Danitsa, on navigue entre hip-hop, soul et reggae. La chanteuse suisse passe du rap au chant avec une aisance remarquable. Mais c’est surtout sa voix qui retient notre attention : puissante, chaleureuse et capable de belles envolées soul.

Elle possède une présence scénique affirmée, qu’elle met au service de morceaux qu’elle prend le temps de présenter au public.

Ce qu’on apprécie, c’est justement cette manière de contextualiser ses chansons. Danitsa explique ce qu’elle raconte, donne quelques clés pour entrer dans son univers et instaure une vraie proximité avec les spectateurs.

« Captain of My Life » fait partie de ces instants qu’on retient. La dimension soul prend toute sa place et sa voix se déploie avec une belle intensité.

Mais la chanteuse sait aussi faire monter l’ambiance. Elle invite des danseurs du public à la rejoindre sur scène et, pendant quelques minutes, le concert prend des airs de fête improvisée.

Ça danse, ça s’encourage, ça sourit.

Le genre de séquence qu’on aime retrouver dans un festival comme la Fiesta, où la frontière entre la scène et le public peut parfois disparaître complètement.

On repart avec une belle impression : une artiste complète, à l’aise aussi bien dans le rap que dans les registres plus mélodiques, et surtout capable de porter un concert avec beaucoup de personnalité.

Bold feat. Youthstar : une sacrée claque hip-hop !

On change encore de registre avec Bold, projet né de la rencontre entre High Ku, membre de Chinese Man, et Supa-Jay, issu de Scratch Bandits Crew. Deux figures du hip-hop alternatif français qui ont fini par unir leurs talents après plusieurs collaborations au sein de Chinese Man Records.

Depuis 2020, le duo développe un univers musical à la croisée du hip-hop, du trip-hop, de la trap et de l’électro. Après un premier album éponyme sorti en 2022, les deux producteurs ont dévoilé Dark Patterns en mars dernier, un disque particulièrement riche en samples, scratches et expérimentations sonores.

Sur scène, les deux hommes sont accompagnés de Youthstar, MC britannique bien connu des amateurs de Chinese Man. Et autant dire qu’il ne fait pas les choses à moitié !

Quelle énergie ! Le rappeur déboule avec un flow impressionnant, un débit parfois vertigineux et une présence scénique qui ne laisse pas beaucoup de répit au public. Il occupe l’espace, harangue la foule et enchaîne les interventions avec une intensité folle. Ça envoie sévère !

Mais Bold ne se résume pas à la performance de son MC. Lorsque Youthstar laisse les deux producteurs prendre les commandes, le concert conserve toute sa puissance. Les platines deviennent alors les véritables protagonistes. Les scratches s’enchaînent, les samples se superposent et les basses prennent toute leur ampleur.

On passe de rythmiques hip-hop à des productions plus électroniques, parfois teintées de dub ou de trap. Le travail sonore est particulièrement intéressant, avec ces changements de textures et de rythmes qui donnent au live une véritable identité. On apprécie justement ces passages sans voix, qui permettent de mesurer tout le savoir-faire des deux producteurs et de profiter pleinement de leur univers musical.

Le spectacle alterne ainsi entre performances instrumentales et séquences portées par Youthstar. Une complémentarité qui fonctionne à merveille : les deux producteurs installent leurs ambiances, construisent la tension, tandis que le MC vient régulièrement faire exploser l’énergie sur scène.

On connaissait déjà la qualité des productions issues de Chinese Man Records, mais cette formation nous a vraiment impressionnés. Entre maîtrise technique, puissance sonore et énergie débordante, Bold propose un live qui mérite largement le détour.

Et Youthstar… quelle machine !

Deluxe : les moustachus sont à la maison

Impossible de passer à côté de Deluxe.

Dès leur apparition, on les reconnaît immédiatement. Cette fois, le bleu et le doré dominent les costumes. Comme toujours, le groupe a soigné son esthétique jusque dans les moindres détails.

Et quelle allure !

Deluxe, c’est cette capacité à transformer un concert en véritable spectacle, sans jamais oublier que tout commence par la musique.

Le groupe aixois connaît bien la Fiesta des Suds. Il s’y est déjà produit et ses membres expliquent y revenir régulièrement, même lorsqu’ils ne sont pas programmés.

Cette fois, ils sont à la maison, et ça se sent.

Dès les premières notes, l’énergie déborde. Les cuivres claquent, les rythmiques s’emballent et le public répond immédiatement présent. Liliboy mène la danse, entourée de ses musiciens aux costumes étincelants.

Petit contretemps néanmoins : le batteur s’est blessé à un doigt et joue avec une seule main. Il fallait le faire ! Autre adaptation, la pyrotechnie prévue pour le spectacle a été supprimée en raison des conditions venteuses.

Mais franchement, Deluxe n’a pas besoin de flammes pour mettre le feu.

Le groupe enchaîne les titres avec son mélange caractéristique de funk, de soul, d’électro et de hip-hop. Les musiciens ne tiennent pas en place, les interactions se multiplient et la scène devient un immense terrain de jeu.

On apprécie particulièrement cette façon de mêler des influences musicales différentes dans un spectacle aussi cohérent. Le groove reste omniprésent, les cuivres apportent leur puissance et les passages chantés viennent compléter cette recette particulièrement efficace en live.

Deluxe possède une identité immédiatement reconnaissable, tant visuellement que musicalement. Et c’est justement ce qui fait sa force. On sait qu’on vient assister à un spectacle généreux, parfaitement rodé, avec des artistes qui prennent visiblement plaisir à être là.

Le public ne s’y trompe pas. Ça danse, ça saute, ça chante.

Le genre de concert qui rappelle pourquoi Deluxe reste une valeur sûre des festivals.

À la Bodega, le public devient la star

Pendant que les concerts s’enchaînent sur les scènes principales, un autre spectacle se joue à la Bodega.

Le samedi, le Cogex, Comité des Gens EXcellents, propose aux festivaliers de se glisser dans la peau d’artistes le temps d’une chanson. Relooking, maquillage, costumes, playback : chacun peut avoir son quart d’heure de gloire.

On découvre des groupes improvisés, des participants plus ou moins à l’aise, mais surtout beaucoup de bonne humeur.

Certains jouent le jeu à fond, d’autres semblent se demander ce qu’ils font là. Dans tous les cas, c’est amusant à regarder.

Et c’est aussi ça qu’on apprécie dans ce festival : on ne vient pas uniquement consommer une succession de concerts. On peut participer, rencontrer du monde, découvrir des animations et s’autoriser à faire un peu n’importe quoi.

Le samedi, l’esplanade est beaucoup plus remplie que la veille. Les files d’attente deviennent conséquentes, notamment aux stands de restauration. Il faut parfois prendre son mal en patience pour manger.

Mais la densité du public apporte aussi cette effervescence qui fait le charme des grandes soirées de festival.

On croise des groupes d’amis, des habitués, des curieux, des passionnés de musique. Les générations se mélangent et les ambiances changent d’un espace à l’autre.

La Fiesta conserve cette dimension populaire et conviviale qu’on lui connaît depuis des années.

Une Fiesta qu’on aurait aimé vivre en plusieurs exemplaires

Cette 35e édition n’aura pas été de tout repos. Entre l’annulation du jeudi, le froid du vendredi et une programmation parfois frustrante tant les concerts se chevauchent, tout n’aura pas été parfait.

Mais au-delà de ces quelques contrariétés, on retient surtout de très beaux moments musicaux. La douceur et l’élégance de Stephan Eicher, l’énergie communicative de Luiza, la voix impressionnante de Selah Sue, la découverte envoûtante de Zoon Kara, le show déjanté de Deluxe ou encore la puissance de Bold.

Et finalement, notre plus grande frustration vient peut-être de nous-mêmes ! Avec un emploi du temps déjà bien chargé, on n’a pas pu profiter du festival autant qu’on l’aurait souhaité. On a manqué des concerts, parfois des artistes qu’on avait pourtant très envie de découvrir. Et il faut avouer que c’est particulièrement frustrant à la Fiesta des Suds.

Car c’est aussi ce qui fait la force de ce festival : sa programmation ne laisse rien au hasard. Derrière chaque nom, qu’il soit connu du grand public ou beaucoup plus confidentiel, il y a une proposition artistique, un univers, une découverte potentielle. On sait d’expérience que les artistes programmés méritent qu’on leur accorde du temps et une oreille attentive.

Cet article ne raconte donc qu’une toute petite partie de ce qui s’est passé sur les scènes de la Fiesta. Quelques concerts, quelques rencontres, quelques instants saisis au passage. Bien loin de rendre justice à toute la richesse de cette 35e édition.

Un jour, on aimerait pouvoir se démultiplier, courir d’une scène à l’autre sans rien manquer, assister à chaque prestation et prendre le temps de découvrir chaque artiste. Juste pour pouvoir faire pleinement honneur à cette programmation qui, année après année, continue de nous surprendre.

En attendant de trouver le secret de l’ubiquité, on continuera à profiter de ce qu’on peut, à faire de belles découvertes et à repartir avec cette même impression : on n’en a jamais assez vu !

Vivement la prochaine Fiesta des Suds.

CET ARTICLE A ÉTÉ RÉDIGÉ PAR :

Léa Sapolin
Rédactrice en chef adjointe et webmaster d'Extended Player. Amoureuse du rap français et des bonnes punchlines, je pilote la section rap du mag depuis que j’ai 11 ans (oui, déjà !). En parallèle, je suis communicante freelance et chef de projet web, avec une expertise en e-commerce. Toujours connectée, toujours à l'affût des sons qui parlent et qui touchent !

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