Album conceptuel. Jeanne Cherhal sait tout faire. Elle joue tous les instruments et réalise des arrangements parfaits pour des refrains prenants. Juste un petit coup de Benjamin Biolay pour  le texte de « J’Ai Pas Peur ». L’amour. L’homme. Les hommes de sa vie. Les espoirs. Les regrets. La charade donne toujours le fruit impossible. De ses premières chansons au piano, de femme « psychorigide », comme elle se plaisait à faire rire, il semblerait qu’elle revienne sur les complications d’aimer et les difficultés d’être femme. La pudeur reste pourtant de mise et aucune évocation claire n’entache finalement ce qui doit être considéré comme une poésie nécessairement salvatrice. Mais tout ça n’est que supposition et ressenti de l’auditeur. Car ce disque parle tellement. Dit tant de choses sur les marques de l’amour dans le temps. La liberté d’interprétation fait partie du jeu. Et ces chansons s’imposent, en solo ou ensemble, ponctuées de ces quatre charades au résultat similaire. C’est tout simplement beau. Jeanne Cherhal est très « pop » dans sa musique. C’est ainsi qu’on la préfère (« Qui Me Vengera », « Certains Animaux », « En Toute Amitié »…) Des progressions réussies, prenantes (« J’Ai Pas Peur », « Mon Corps Est Une Cage » – la reprise du disque, adaptation française d’un titre d’Arcade Fire). Chaque nouvelle écoute apporte son lot de plaisirs, comme cette capacité à engendrer une perle sentimentale à base d’inspiration folklorique (« Lorsque Tu M’As »). « Après la pluie le beau temps après le mari l’amant », comme la maxime résumant le meilleur à tirer de toutes ces expériences. Certainement la seule réponse plausible à toutes ces charades.

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