Belle entrée en matière : percus esprit « WeWill Rock You » et phrasé lancé haut (« The Big Wheel »), avec incrustations déroutantes de parties de guitares déraillées juste ce qu’il faut pour détourner la citation. Puis surprise directe avec un enchainement très soul (« Let’s Burn Again ») où l’évidence de la maîtrise harmonique vocale s’affirme. La famille Gush (deux frères, un cousin et le cousin du cousin) montre un impeccable savoir-faire, comme si les musiciens avaient fait leurs classes avec le répertoire de Crosby, Stills, Nash & Young – vérification dans ce titre qui est plutôt typé Stevie Wonder.  Mais dès « Dance On », on revient au rock, confirmation et magnificence des chants quasi orgiaques. Cela se confirme ensuite avec une belle persistance. Dans l’ensemble on croirait la période 65-75 captée avec les moyens techniques d’aujourd’hui – à ce sujet, précisons qu’ils ont tout fait eux-mêmes, jusqu’à l’enregistrement. Ce qui rend hyper agréable cette impression vient de la qualité d’écriture et de composition des titres. La guitare acoustique semble être la base sur laquelle se greffent progressivement les éléments nécessaires au fonctionnement immédiat des titres. Exemple avec le break de « My Favourite Song » où le morceau vire soudain dans une instrumentation atypique. Cette dernière est en général très concise, se justifiant comme nécessité, soit pour parfaire la mélodie, soit pour l’entraîner au-delà du cadre traditionnel (coda de « Vondelpark »). Le look du groupe, à chemises et barbes de bucherons pour certains, évoque le Creedence Clairwater Revival, autre référence, à la fois datée et intemporelle. C’est le paradoxe du répertoire de Gush. L’évidence d’un plaisir communicatif en concert est très présente. La curiosité de savoir quelle peut-être l’évolution musicale d’une telle formule aux promesses manifestes nous retiendra de les annoncer comme les Beach Boys européens du XXIème siècle (« P.nis » où les BB forniqueraient avec Queen). En tout cas, rien que du remarquable, du slow « In The Sun » à l’enjoué « You Really Got Style ». Gush est en pleine affirmation d’un style à creuser et étoffer à conditions d’avoir de bonnes armes entre les mains. Ce qui est indéniablement leur cas. Le dernier morceau, « Jealousy », est un condensé vocal de Beatles gospel. Joli signe pour un au revoir.

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De l’organisation de concerts aux interviews d’artistes il n’y avait qu’un pas. Plus de vingt-cinq ans de rencontres avec les artistes et toujours la passion de la découverte.

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