Il y a quelques temps nous avions craqué sur un titre de Lunès. Un fabuleux « Mieux ensemble (dans un nouveau monde en couleur) ». David, l’artiste, a croisé entre-temps Mademoiselle Michaëla, avec laquelle ils décident le mariage musical. Cela donne Fergessen, qui signe le pacte « Les accords tacites ». Dans notre lecteur, ce premier album s’impose en deux temps. D’abord il y a le grain « énervé » de Lunès qui semble s’être atténué pour laisser place à une expression plus en douceur (« Simplement Nu ») et l’on flotte dans une certaine indécision d’appréciation. Est-ce cela que nous pouvions attendre ? Pour vérifier, il faut sauter à la plage 8 et entendre ce que donne la version en duo de « Mieux ensemble ». Le problème, c’est qu’il est toujours difficile, lorsque l’on est habitué à une version très plaisante, de s’en défaire au bénéfice d’une autre. L’aspect brut est moins présent, mais pas franchement gommé. Il y a deux voix qui se chevauchent, se juxtaposent. Malgré la propreté de la prise de son semblant vouloir malgré tout restituer le côté poil à gratter de la chanson, on découvre que c’est Michaela qui « s’éraille », dans un phrasé prenant et adéquat, et David qui « croone », subtile inversion de rôles – si tant est qu’il eut été logique de les espérer contraires. On peut ainsi revenir et accepter ce souffle nouveau, cette aventure « en couple ». Jeter un œil sur les vidéos du groupe disponibles sur le net montre la force supplémentaire née des prestations publiques. En live, les chansons prennent naturellement une envergure particulière et habitée, sans excès de mouvement. Fergessen, ce n’est donc pas du cinéma, mais bel et bien de la bonne musique.

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De l’organisation de concerts aux interviews d’artistes il n’y avait qu’un pas. Plus de vingt-cinq ans de rencontres avec les artistes et toujours la passion de la découverte.

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