Dans le cas d’Inga, dès la pochette, l’évocation de Björk implique un a priori d’avant écoute. Cela est confirmé assez rapidement par une musique aux tendances gentiment déjantées (les guitares tordues de « Dogs and Wolves » par exemple, tout comme certaines inflexions vocales tout à fait comparables). Globalement, on  pourrait aussi faire un rapprochement avec des formations telles que The Do où la part de délire musical côtoie des vocalises sans complexes. Il en va de même pour l’utilisation banalisée du piano jouet et de bruits d’eau : sur « Drowning Song », on est effectivement en plein Björk… heureusement, une fois passé cette lourde appréhension, il y a rapidement des titres qui emportent l’adhésion. C’est le cas du somptueux « Bittersweet » et sa construction mélodique doublée d’une guitare tranchante sur les refrains. « Mascara Black » joue d’abord la carte d’une fièvre martelée pour s’évaporer sur un refrain cotonneux très prenant. L’album joue de ces contrastes : des retenues contemporaines de « His Thieving Ways » qui réussit de sublimes effets aux limites de l’angoisse, à de l’intime et reposante folkitude (« Wishing Bone Hands »). Lil Liljeström parfait cet équilibre et fini par emporter dans ses filets toutes les appréhensions sous-tendues. Un disque qui se révèle doucement, jusqu’à ne plus lâcher l’auditeur par la force de l’émotion qu’il dispense.

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De l’organisation de concerts aux interviews d’artistes il n’y avait qu’un pas. Plus de vingt-cinq ans de rencontres avec les artistes et toujours la passion de la découverte.

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