Fonky Family. Ce nom marque aujourd’hui l’histoire du rap français. Les albums «Si Dieu Veut.. », « Art de Rue », les deux Hors-séries et « Marginale Musique » sont devenu des classiques. Et pourtant, les artistes de la Fonky Family ont cessé de travailler ensemble depuis plus de 10 ans.

Ces 10 ans n’ont pas suffit à éteindre la flamme allumée par cette marginale musique. Le public n’a toujours pas oublié cette époque, de 1994 à 2006, où le groupe scandait ses rimes légendaires.  Alors, ce fut une surprise nationale lorsque, le mois dernier, un concert de la FF a été annoncé.

La raison ? Une triste nouvelle. Pone, le beatmaker du groupe et membre fondateur, a été atteint de la maladie de Charcot. Cette maladie, également appelée maladie de Lou Gehrig ou Sclérose Latérale Amyopthrophique, est une maladie neurologique à évolution rapide qui attaque directement les cellules nerveuses responsables du contrôle des muscles volontaires. Actuellement, aucun remède n’a été trouvé, mais la volonté et le maintien du moral joueraient un rôle clé dans la résistance à cette maladie.

Le groupe, composé du Rat Luciano, de Sat l’Artificier, de Don Choa, de Menzo, de Fel et de DJ Djel a donc décidé de faire une surprise de taille à Pone afin de lui donner la force et le courage de combattre sa maladie : un concert solidaire qui les réunira tous, plus de dix ans après leur dernière scène commune. Les bénéfices du concert seront reversés à l’association Art De Rien afin de soutenir la lutte contre la Sclérose Latérale Amyopthrophique. Cette initiative, née d’un puissant sentiment d’affection à l’égard du beatmaker, a amené le groupe à choisir l’espace Julien comme lieu de prédilection. En effet, c’est dans cette salle de concert situé au cours Julien, à Marseille, que le groupe a fait ses premiers pas. Ce lieu emblématique était donc le lieu idéal pour cette reformation.

En moins de 48h, les places ont toutes été vendues et les fans des artistes ont vite manifesté leur mécontentement face au choix du lieu. En effet, l’espace Julien ne permet pas d’accueillir plus de mille personnes. Une jauge bien basse compte-tenu de la dynamique engendrée par l’annonce de ce concert mythique, le 19 septembre 2015. D’autant plus que d’autres artistes de la scène rap marseillaise étaient également annoncé.

Konky Family Reformation 2015Le Jour J, ExtendedPlayer a eu la chance d’être parmi les présents. À 20h, devant l’Espace Julien, les fans semblaient venir de toute part. Des Normands, des Bretons et des Parisiens, pour ne citer que les plus éloignés géographiquement, se tenaient prêts, remontés à bloc et complètement impatients d’entrer dans la salle. Un concert d’envergure nationale a été, pour une fois, excentré dans la cité phocéenne où le groupe de la FF a vu le jour.

À 20h30, le public entrait dans la salle. Deux DJs (DJ Andyman et DJ Kamel Night) ambiançaient la salle avec des morceaux emblématiques de hip-hop américains comme français. Puis, deux humoristes (Redouane et Ichem) ont commencé à animer le show, ils ont présenté les artistes avec humour tout le long de la soirée. Ce fut ensuite au tour du rappeur marseillais Costello de venir interpréter quelques-uns de ses titres sur scène. S’ensuivit Bouga qui a repris son célèbre titre « Belsunce Breakdown » tiré de la BO du film « Comme un aimant ». Faf Larage est également venu soutenir Pone sur scène tout comme K-Rhyme Le Roi, Cut Killer, Dj Soon, mais également,  3e œil, ou Carré Rouge, qui faisait déjà des scènes avec le groupe en 1999.

C’est ainsi que ce sont succédés différents artistes de taille interprétant plus ou moins trois titres chacun. Le spectacle ayant été si complet et si émouvant qu’il semble impossible de se remémorer l’ordre de passage de chacun des artistes. Mais, ce qui est sûr, c’est que la chronologie des morceaux interprétés, passant de « Hymne à la racaille » à « La vie de Rêve » de 3e œil ou encore à « Génération Scarface » de Carré Rouge, a permis de se replonger dans l’époque où le hip-hop commençait à faire parler de lui. L’ambiance était déjà belle et bien surexcitée et le public comblé avant même l’arrivée du groupe tant attendu sur scène.

Puis, Dj Djel a fini par s’installer aux platines, laissant présager la venue de ses acolytes aux micros. Le public s’est alors surpassé et a tenté de donner aux artistes autant que ce qu’ils leurs offraient. La reconnaissance, la surprise et l’émotion se sont largement fait ressentir tout au long de cette soirée où le mot d’ordre était avant tout de se faire plaisir. Les rappeurs ont choisi de jouer des titres de chaque album. Ainsi, leur concert a débuté par « Cherche pas à comprendre », puis s’ensuivit « Filles, flics, descentes », « L’amour du risque », « Marginal Musique », « Tonight ». Vint alors un medley, puis « Si je les avais écoutés », « Haute Tension », « Mystère et suspens ». Freeman et Shurik’N d’IAM sont ensuite apparus sur scène aux côtés des membres de la FF pour interpréter « Bads Boy de Marseille ». Puis, tel que le suggérait le morceau  « Shit Squad », la plupart des artistes présents en début de concert ont rejoint les membres de la Fonky Family pour remplir l’Espace Julien d’une atmosphère plutôt enfumée. Les artistes ne s’en sont pas arrêtés là. « Sans Rémission » et « Art de rue » ont clôturé le concert.

De nombreuses dédicaces à Pone ont été faites tout au long de la soirée. Celui-ci a pu, depuis chez lui, assister à la diffusion en direct de l’événement. Les sourires sincères et messages d’amour portés par les artistes de la FF ont rendu cet instant encore plus touchant. Myriam, la co-organisatrice de l’événement, a également reçu les acclamations de tous les présents et les salutations et remerciements ont permis d’apporter la touche finale au spectacle. Le public est ressorti trempé, assoiffé, mais le sourire aux lèvres, conscient d’avoir participé à un événement mythique qui restera gravé dans l’histoire du Hip-Hop.

Cet article a été rédigé par :

Avatar

Passionnée de HipHop français et de musique à textes, en charge de la partie rap du magazine depuis mes 11ans. Également CEO d'un projet innovant dédié au HipHop.

Comments

  1. Belle interview. Dommage que le son en fond soit identique du début à la fin car l’interview étant longue cela donne un côté un peu lassant. Sinon top !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *