Le nouvel album de Rachid respire la chaleur et l’amour de la vie. Une pochette expressément kitsch en guise de Bonjour. Bonjour en simple titre. Rayonnant. Les bips bips sonores d’introduction comme destinés à projeter l’auditeur dans l’espace que fantasmaient les enfants des années soixante en rêvant au XXIème siècle. Monsieur Taha prend le contrepied d’une époque qui questionne sans cesse sur des sujets de fond en étant incapable de mettre en œuvre des solutions définitives. Le choix de l’artiste est de s’affirmer comme il est. Ni plus ni moins. Cela sous-entend tellement déjà, ne serait-ce pour commencer que rapport à tous les sectarismes. Peut-être naïf comme approche ? Non, pas du tout ! La force de proposition court le monde sans chercher à porter la bonne parole, puisqu’elle est Bonne Parole. Un acte. Une réalité. Un possible. Et si nous commencions juste par dire bonjour !

 

 

Extendedplayer : Bonjour Rachid. Heureux de t’entendre pour parler de ton dernier album. La permanence du débat sur l’intolérance donne des résultats mitigés. Dans ton cas, on sent qu’à ce sujet tu ne te poses pas de question, tu vis dans l’exemple du possible et l’ensemble de tes démarches fonctionne dans ce sens.

 

Rachid Taha : Ce n’est pas quelque chose de superficiel. C’est quelque chose que j’ai envie de vivre, tout le temps. Cela fait partie de moi-même, de ma vie de tous les jours. Ce n’est pas une mode.

 

Extendedplayer : Cet album apparait comme un concept sur ce sujet. Est-ce dans cet objectif qu’il a été conçu, ou s’est-il fait spontanément ainsi ?

 

Rachid Taha : On a l’impression que c’est préparé mais c’est spontané.

 

Extendedplayer : La version orientalisée de « Douce France » de Charles Trénet, avec Carte de Séjour, abondait déjà dans ce sens et cet esprit. Tout au long de ta carrière tu as travaillé avec des gens différents en dépassant artistiquement largement l’ouverture « officielle », développée dans les courants musicaux récents classés en catégorie « world music ». Tes mixages sont beaucoup plus exubérants et communicatifs, notamment par ton travail avec Steve Hillage ou Brian Eno. On parle aussi de collaboration avec Damon Albarn. Est-ce toi qui va au devant de ces personnes ?

 

Rachid Taha : Ce sont des rencontres. Avec Steve Hillage, nous nous sommes intéressés en même temps chacun à ce que faisait l’autre. Il a aimé ce que je faisais et inversement. Brian Eno m’a appelé pour une collaboration avec lui il y a longtemps, et Damon Albarn pour Africa Fête. Il y a aussi Patti Smith qui m’a invité parce qu’elle avait entendu mon album. En général ce sont eux qui m’appellent.

 

Extendedplayer : Une fois que vous êtes décidé à travailler ensemble, comment est-ce que ça se passe ?

 

Rachid Taha : ça se passe très bien, tout simplement parce que nous avons le même état d’esprit, la même façon de voir les choses. En général nous ne rencontrons aucun problème. Nous avons pratiquement la même philosophie.

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De l’organisation de concerts aux interviews d’artistes il n’y avait qu’un pas. Plus de vingt-cinq ans de rencontres avec les artistes et toujours la passion de la découverte.

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